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Programme

16 mars 2016

One night Show avec Robert Šalanda

Le 16 mars 2016 l’AIR Antwerpen a proposé une présentation des artistes en résidence. Parmi eux, Robert Šalanda a exposé ses œuvres expérimentales conçues lors de son résidence à Anvers et ailleurs. La soirée a vibré par des concerts de Children of the White Leaf, Floris Vanhoof, Pierre Berthet, Bart Sloow, mais aussi DUBAIS, DJ’s Cosmo Knex, Zoot Ruff ski et Chinese Takeaway, organisés en collaboration avec un ensemble artistique Pinkhouse.

Inspiré par un arsenal entier des images digitaux et des phénomènes quotidiens, allant des feux de trafic jusqu’aux dessins de tatouage populaires et l’analyse sémiotique du texte, Robert Šalanda travaille avec une base des données imaginaire des symboles visuels et linguistiques. Pour lui il est important de faire apparaître un motif dans d’autres œuvres pour le montrer dans des nombreuses constellations inattendues.

Premier aspect de sa création artistique est intellectuel, dérivant de sa recherche des symboles, où l’intuition est appliquée pour traiter le médium de la peinture elle-même. Par l’intermédiaire des combinaisons, souvent surprenants et au premier abord irrationnels, les éléments visuels et le contenu donnent l’impression que leur état « aléatoire » était généré par un algorithme de mathématicien. L’autre aspect est celui de la stylisation décontractée qui se repose sur l’obsession de Šalanda avec la culture verbale et visuel peu cultivée. Les deux aspects se réunissent organiquement dans le œuvre finale, quoique ce soit généralement un entre eux qui domine l’autre. L’abstraction minimalisée badine, l’intelligence admire la simplicité (humaine).

Plus d’information: http://www.robertsalanda.com/ et https://www.facebook.com/events/1511373192503850/

 

ROBERS ŠALANDA – L’ENTRETIEN

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Quelle était la raison initiale pour partir en résidence artistique en Belgique?

J’ai perçu les résidences artistiques toujours de point de vue général. Il est surtout essentiel de bouger et de voyager en étranger. Il est vrai qu’en pratique il faut réagir aux nombreux « call for applications » et puis attendre si ça marche. Il serait beau de faire un projet pour un lieu particulier et une résidence concrète et attendre d’être choisi. Mais je pense que ça ne marche pas comme ça, malheureusement, enfin, pas dans mon cas. Ce n’est pas très romantique de le dire, mais c’est le caractère lui-même des résidences qui est captivant, pas le pays, la ville.

 

Pourrais-tu décrire le fonctionnement d’AIR Antwerpen (en liaison avec le MeetFactory) ?

AIR Antwerpen est situé dans un immeuble vraiment originel, dans un lieu intéressant. Anvers, c’est le deuxième le plus grand port en Europe et l’immeuble est situé tout justement dans le quartier industriel. La maison a servi en tant que domicile des employés du port et leurs familles. Les résidents séjournent et travaillent uniquement dans ce bâtiment. La résidence devrait être consacrée à la création concentrée et la rencontre avec les artistes et les curateurs de la scène locale.

La résidence est achevée par la présentation du projet réalisé. Moi j’ai participé au « One-night show ». C’était un événement / une exposition / une soirée des artistes et des résidents qui n’a duré qu’une journée, mais c’était intensif d’autant plus.

Mon programme a été conçu en tant que séjour d’échange entre l’AIR Antwerpen et la MeetFactory. En particulier, c’est un artiste tchèque qui réside à Anvers et puis un artiste belge qui réside à Prague. Le but c’est le contant entre deux artistes lors de leurs séjours. MeetFactory accueillera une artiste belge, Alice de Mont,  en avril.

 

 

Malgré l’intérêt des artistes étrangers, nous ne proposons pas beaucoup de ce type de résidences en République tchèque…

Faute des raisons plus ou moins évidents, chez nous, les possibilités sont limitées. Ça serait un tout autre débat. Mais je ne le vois pas en noir. Je crois que mieux vaut la qualité que la quantité. Quoique cela ne semble pas objectif de ma part, je pense que MeetFactory en particulier se réjouit d’une excellente réputation qu’elle a bien mérité.

Et oui, je vois l’intérêt des artistes étrangers qui veulent venir à Prague. Pourtant, à la suite des motifs évidents, ils savent bien que Prague n’est pas l’épicentre du monde. Alors, ils ne sont pas attirés par la possibilité d’un vrai progrès professionnel mais par la ville elle-même, son ambiance et un certain sentiment d’être « en Est ». On est une sorte de caricature du mélange de l’Europe occidentale et orientale.

 

Quel est pour toi l’apport principal des résidences artistiques pour la création des participants ? Ça doit être intéressant de réaliser son art, vivre et partager l’espace personnel, mais aussi exposer avec les gens des quatre coins du monde, dans une maison écartée…

La nature de cet enrichissement est évidente au moins pour ceux qui connaissent la situation. Ce sont les choses de base, invariables, qui rendent les résidences si séduisantes. Un environnement inconnu, une nouvelle langue, être un étranger, mais pas un touriste, l’improvisation aventureuse et les faux pas adorables, nouveaux contacts, les bourses, le ralentissement et la possibilité de se concentrer au maximum sur le travail et de ne pas être dérangé, une toute nouvelle approche envers la scène tchèque ou son pays d’origine en général…

Il y a des pour et des contre quand on habite et travaille dans une maison ici à l’AIR. On économise sur le transport. On se rapproche mieux avec des autres résidents. On cuisine ensemble. C’est une sorte de la communauté hippie. De l’autre côté, c’est un écart nécessaire qui manque. Je suis habitué à venir dans mon atelier comme si j’allais dans un bureau. Donc il est un peu singulier de se réveiller le matin et voir mon travail incomplet. Comme si un fonctionnaire se réveille dans son bureau.  

C’est n’est ni ta première, ni ta dernière résidence, je suppose. Par rapport à d’autres résidence, qu’est-ce qui était le point fort de cette villa près de port et qu’est-ce qui te manquait ?

Les points forts dépassent les points faibles et je n’hésiterais pas à venir à nouveau. Mais je suis toujours ici, dont c’est le temps qui va donner à ma réponse une forme plus claire. Pourtant, je crois que la villa elle-même, qui ressemble à une maison du film de Hitchcock, et la localité sont vraiment inoubliables.

D’un côté on voit une réserve de béton délabrée, les tankers passants et l’école des mariniers qui arrivent chaque matin en vélo dans leurs uniformes bleus. De l’autre côté on voit un bâtiment d’administration science-fiction en construction selon les dessins de fameuse Zaha Hadid et pas loin, un bateau militaire avec un héliport et un hélicoptère bourdonnant. On voit encore des réserves géantes de réparation et plus loin, le centre‑ville historique avec le beffroi gothique. Ajoutons la sonnette maladroite qui signale ponctuellement l’élévation d’un pont situé tout près de la maison.

                     

 

Si je voulais être plus critique, je dirais que je m’attendais à l’effort de la part des responsables de la résidence à présenter les artistes en résidence aux artistes locaux, galeristes, curateurs, etc. Dans ce domaine, c’était l’autopromotion dont chacun devait se charger pour soi.

Je peux mentionner un modèle tout à fait opposé, peut-être extrême et peu commun, ma résidence artistique à New York. Une fois par mois, j’ai reçu une liste des curateurs intéressants et je pouvais en choisir ceux que je voulais rencontrer dans mon atelier…

 

Tes œuvres ont souvent recours aux clichés VS et la notion clé dans ta dernière performance est la narration d’un cas détective irrésoluble. Est-il possible que tu y trouves déjà une liaison avec ton séjour à Anvers et l’environ de la villa ?

Le polar est un modèle que j’ai choisi et où on trouve souvent des motifs mentionnés, ce qui m’intéresse depuis longtemps. Tu me demandes, jusqu’à quelle mesure le séjour et l’entourage a fait son apparition dans mon travail ? J’ai besoin d’apercevoir ce que j’introduis dans ma création avec un écart, donc l’influence de lieu peut être visible un peu plus loin. Je me suis aperçu qu’en séjournant en étranger, j’achète des livres artistiques. Je me concentre sur les artistes qui, paradoxalement, n’ont aucun lien avec le lieu. J’espère que messieurs Rubens, Magritte ou Brueghel et d’autres me pardonneraient. Un des livres volumineux que j’ai acheté ici est une publication des œuvres graphiques de Claes Oldenburg. En le feuilletant, il m’a inspiré au plusieurs niveaux, donc les sources d’inspiration sont vraiment variées. On compte tout.

 

Quel est ton conseil aux artistes débutants, pour qu’ils puissent participer à la résidence artistique. Généralement, quelles sont des modalités d’admission ?

Il faut souvent essayer de postuler aux plusieurs résidences. Surtout ne pas attendre. Beaucoup des résidences sont limitées par âge maximal de 35 ans, il ne faut pas sous-estimer ça.  Et pour que cela ne soit pas si facile, souvent le projet doit être directement proposé pour le lieu concret, les thèmes sont parfois fixés…etc. dans certains cas, il faut se concentrer sur un médium spécifique. Il y a toujours quelques obstacles qui submergent, qui peuvent décourager. Mais il faut avoir de la patience.

 

Tu as hâte de rentrer en République tchèque ? Quels sont tes projets ? 

J’avais hâte de découvrir Anvers, j’ai hâte de rentrer. Je suis toujours content de se déplacer. Mes projets en Tchéquie sont sûrement superbes.

    

Lieu:
Air Antwerpen
Date :

16 mars 2016

Organisateur:

Le Centre tchèque est coorganisateur de l'événement


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