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Nouvelles publications de littérature tchèque en français

Le Centre tchèque à Bruxelles souhaiterait attirer votre attention sur les nouveaux livres d'auteurs tchèques qui paraîtront cette année en français.

Josef Jedlička – Au milieu du chemin de notre vie

« Moi aussi j’ai pris l’habitude de montrer constamment une figure joviale et souriante, même en pleine nuit, car on n’est jamais à l’abri du coup de projecteur d’une torche électrique. » Depuis sa chambre dans un baraquement communautaire de Litvínov, le narrateur rassemble les éléments d’un témoignage total sur son temps : non seulement les menus faits de la vie quotidienne, mais aussi les échos du passé, l’enthousiasme trahi, la terreur inapaisée, les rêves.

Tissant sa vérité du détail des choses vues, du défilé contingent des destins dans les rues de Prague et à travers les paysages dévastés des Sudètes, Jedlička suscite de son époque douloureuse une image si puissante, entre utopie et désespoir, qu’on peut la considérer à bon droit comme l’un des ferments du printemps de Prague. Ce livre immense, inexplicablement, était resté inédit en français.

Né en 1927, Josef Jedlička est exclu de l’université en 1949 pour avoir critiqué le régime. Il exerce les métiers les plus divers, de simple ouvrier à ethnographe, se lie d’amitié avec Jan Zábrana, rencontre Václav Havel et Bohumil Hrabal. En 1953, il part vivre dans l’enfer industriel de la Bohême du nord, où il écrira Au milieu du chemin de notre vie. Achevé en 1957, le livre ne pourra paraître qu’en 1966. L’auteur prend en 1968 le chemin de l’exil et meurt à Augsbourg en 1990.

« Publié en 1966, l’ouvrage est reçu comme une révélation. Un demi-siècle plus tard, il excite toujours ce sursaut d’enthousiasme, cette heureuse surprise qui réveille quand une écriture saisit par sa jeunesse, sa sincérité, son audace et sa nécessité. » Isabelle Rüf, Le Temps

« A la fois baroque et lyrique, historique et poétique, l’ouvrage de Josef Jedlicka au pouvoir évocateur époustouflant se développe comme un film, chaque court chapitre pouvant être interprété comme une séquence de cette condition humaine de l’autre côté du rideau de fer. » Laurent Lemire, Livres Hebdo

Traduit du tchèque par Erika Abrams
Editions Noir sur blanc
En librairie le 6 janvier 2011       
208 pages          
14 €

 

Patrik Ouředník – Le Silence aussi

 

nous sommes heureux de vous accueillir            
qu’est-ce que vous bouffez ?    
du temps. et vous ?       
un œil de poisson. et vous ?      
la pleine lune.

 

Voici un livre qui se dévore. Pourtant, son auteur met en garde le lecteur : ne pas manger ce livre, sinon son visage risque d'enfler et son corps de se boursoufler… Il est en effet possible que le lecteur, pris par surprise, se transforme en ces petits êtres difformes qui peuplent les marges des manuscrits médiévaux. Population menaçante, qui frappe d'irréligiosité l'espace ô combien sacré de la rime. L'on pénètre un "monde à l'envers", où danse des morts et d'autres visions apocalyptiques accomplissent une ritournelle chantante. Vers et autres vers en prose rampent dans votre gosier, se faufilent dans vos draps. C'est une poésie scatologique, une poésie de pétarades. Patrik Ourednik nous entraîne dans une valse de mots, dans une prose imagée, où l'art de la chute détient une force de proposition, principe de la poésie, que l'auteur renouvelle à bon compte. Une poésie grivoise et sacrilège à avaler toute crue.

Traduit du tchèque par Benoît Meunier.
Editions Allia
Janvier 2012
80 pages
6,10 €

 

Patrik Ouředník – Classé sans suite

De plus, contre une prime mensuelle de 1810 couronnes, Lebeda remplissait la fonction d’“indicateur furtif”, lequel pléonasme désigne un homme discret et vigilant qui rôde dans le secteur, écoute les ragots et enregistre dans son calepin les comportements suspects. L’indicateur furtif n’était activé que ponctuellement, dans les cas où l’on supposait une activité délictueuse plus ou moins spontanée et collective, et un cas de ce genre avait justement atterri sur le bureau de Lebeda dans un dossier de couleur incertaine taché de gras."

Après deux tentatives d'incendies criminels et un suicide suspect, Vilém Lebeda, respectueux inspecteur en chef d'un district d'ordinaire paisible de Prague, se lance dans une enquête. Il croise la route d'un vieil homme retraité acariâtre, Viktor Dyk. L'inspecteur découvre que Viktor a un fils à "l'esprit un peu limité", pour ne pas dire imbécile. D'obscurs souvenirs de violences subies dans son enfance hantent Dyk Junior. Il découvre également que le vieux Dyk n'est pas sans rapport avec un précédent meurtre, qui a eu lieu quarante ans auparavant et classé sans suite…
Classé sans suite contient tous les ingrédients d'un thriller… Mais, à l'insu des genres, le roman s'avère une parabole, une satire sociale et un jeu… d'échecs.

Traduit du tchèque par Marianne Canavaggio.
Editions Allia
janvier 2012
160 pages
9 € 

 © Centre tchèque Paris