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The Other Tradition

Avec : Danai Anesiadou, Ei Arakawa (& Silke Otto-Knapp), Cezary Bodzianowski, Sharon Hayes, Sung Hwan Kim, Roman Ondák, Jimmy Robert, Kateřina Šedá, Tino Sehgal, Jiří Skála, Pilvi Takala, Tris Vonna-Michell. Le Centre tchèque à Bruxelles, en tant que partenaire du WIELS, a soutenu la participation des artistes tchèques Kateřina Šedá et Jiří Skála à l’exposition. Cette exposition identifie un genre nouveau de création artistique développé par un groupe de jeunes artistes internationaux à partir d’actions, d’événements et de situations construites. La plupart des artistes mèneront des actions en direct ou demanderont à des acteurs de suivre leurs instructions et enregistreront leurs actions pour l’exposition.

Commissaire d’exposition: Elena Filipovic

Cette exposition identifie un genre nouveau de création artis­tique développé par un groupe de jeunes artistes internatio­naux, qui réfléchissent tous à la manière de réaliser des oeuvres d’art dans lesquelles la forme matérielle est écartée au profit de situations construites, d’événements ou d’actions. La plu­part de ces artistes s’impliquent eux-mêmes pour réaliser des actions en direct ou demandent à des acteurs de suivre leurs instructions.

Cependant, pour définir cette pratique artistique, les termes existants d’« art participatif », de « performance » ou d’« esthé­tique relationnelle » ne sont pas appropriés ici. Le public n’est pas nécessairement appelé à participer dans la construction de l’oeuvre, même s’il peut parfois assister à sa réalisation ; dans d’autres cas, le public peut avoir complètement manqué l’ac­tion en question. Et malgré un événement en direct devenant le centre de la production de ce qu’ils appellent « oeuvre d’art », et malgré un corps - ou des corps - évoluant dans l’espace, c’est l’héritage de l’Art Conceptuel qui est peut être leur point de référence le plus important, auquel ils adjoignent les stratégies des protestations publiques, la danse, l’ésotérisme, le travail social ou la narration.

Passer la durée de l’exposition à apprendre à imiter l’écriture d’un étranger ; mettre en scène des démonstrations à l’exté­rieur du centre d’art ; planifier les activités d’un village entier, de manière à ce que chaque habitant réalise la même tâche ordinaire au même moment (balayer son porche, acheter des tomates, etc.) ; engager un surveillant de musée pour réciter spontanément le titre du journal du jour aux visiteurs... Comme le démontrent ces projets, la fonction traditionnelle de l’art et les termes à travers lesquels elle engage à la fois son sujet et son public sont repensés activement par chacun de ces artistes. Comme finalité, les artistes peuvent produire des objets ou fournir une documentation de leurs actes, mais l’attention à ce que leur oeuvre peut faire (plutôt que représenter) reste cen­trale, que cela soit au moment de la création ou au moment de la confrontation avec les visiteurs.

En 1966, le critique Gene Swenson organisa l’exposition The Other Tradition, qui proposait une généalogie alternative à l’art de l’époque : rejetant la connexion linéaire entre le Cubisme et Color Field Painting qui était alors admise, il proposa à la place une trajectoire qui plaçait Dada et le Surréalisme comme prédécesseurs du Pop. Librement inspirée par cette dernière, en réutilisant son titre notamment, l’exposition collective pro­posée au Wiels regroupe une nouvelle génération d’artistes dont la pratique les positionne à l’encontre de l’idée dominante de l’art comme objet matériel, autonome et immuable ; ces ar­tistes créent un événement ou une action, ce qui est au coeur de l’oeuvre elle-même (et inventent des moyens pour que le public puisse expérimenter ou voir une trace de l’action, quand celle-ci ne se réalise pas en direct). Dans leur processus, ils réalisent des formes d’art qui à la fois prolongent mais égale­ment rompent avec ce que l’on peut appeler une « tradition ». En bref, leurs pratiques constituent une nouvelle articulation de ce qu’une « autre » tradition pourrait être.

The Other Tradition ne prend pas la forme d’un festival d’évé­nements ou d’une exposition de documents classiques ou de reliques mortes, mais s’articule clairement comme une présen­tation incluant toutes les questions qu’une telle pratique artis­tique implique, intégrant des dessins, des films, des sculptures et des installations en complément des nombreux événements se déroulant en direct. L’expérience de l’exposition est diffé­rente à chaque occasion, dans l’espace et dans le temps.

Jiří Skála présente son projet „Exchange of Handwriting“, Kateřina Šedá présente projets „There is Nothing Here” a “ It Doesn’t Matter”.

 

Kateřina Šedá

Déscription de son travail

Kateřina Šedá a pris l’habitude de mettre en scène des interventions publiques dans la vie quotidiennes des habitants du village Ponétovice près de Brno, ou elle a grandi et ou elle crèe des performances, des activités mises en scène et des experiences publiques pour réactiver ou rédiriger la sphère sociale.

Les observations qu’elle réalise (par le biais de dessins, textes, diagrammes et sculptures) sont le point de départ d’une serie de tâches et jeux qu’elle réalise dans les environs afin de révéler et déplacer les relations sociales entre les individus dans leur environnement proche.

Pour Nic tam není [There’s Nothing There] (2003), l’artiste a synchronisé toutes les activites des habitants du village de Ponětovice durant un samedi. Selon l’horaire minutieux conçu par Šedá, chaque habitant a donc realisé exactement les mêmes actions ordinaires (se lever, faire le ménage etc.) au même moment pendant une journée... extraordinaire.

Jiří Skála

Déscription de son travail "Exchange of Handwriting"

Dans ce projet, réalisé par l’artiste trois fois depuis 2006, deux personnes participent à une action quotidienne qui consiste à apprendre à imiter l’écriture de l’autre. Leur action prend place dans l’espace d’exposition, dans lequel deux bureaux et chaises d’écoles sont placés dos à dos. Munis de plusieurs cahiers, de stylos billes et d’un texte divisé en passages (dont le nombre correspond aux jours durant lesquels le projet se déroule), les deux acteurs commencent systematiquement la journée par recopier, dans leur propre écriture, le passage attribué à ce jour. Ils échangent ensuite leurs cahiers et tentent d’écrire ce même passage, mais cette fois en copiant l’écriture de l’autre personne.

Les acteurs travaillent 4 heures par jour à apprendre à écrire de la même façon que l’autre. Pendant les jours d’ouverture de l’exposition, l’action produit, doucement mais inévitablement, la désintegration de la singularité de la trace supposée la plus personnelle, authentique et inimitable : la manière d’écrire.